Extrait Art. du "Le Journal, Tara expéditions - Damocles. N°3 Décembre 2007.
*par Cécile Maillard, journaliste.
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Dans l'océan Arctique, l'été, avec la disparition de la banquise, le rayonnement solaire ne sera pas réfléchi pour repartir vers l'espace, mais au contraire absorbé par l'océan. Quelques dizaines de mètres d'eau de mer seulement seront réchauffés, mais cela suffira à tiédir l'atmosphère, donc à faire transpirer le Groenland voisin... (Archives CNRS: "Y aura-t-il de la glace cet été?")
Or si la fonte de la banquise n'a aucun effet sur le niveau de la mer, celle des glaciers du Groenland aura un impact considérable. Dans l'hypothèse - que personne n'envisage sérieusement - d'une fonte totale des glaciers qui recouvrent le sol du Groenland, parfois sur plusieurs kilomètres d'épaisseur, le niveau des mers monterait de 7 mètres sur l'ensemble de la planète.
Jusqu'ici, les scientifiques tablaient sur augmentation de 0,6 mètre d'ici à la fin du siècle. Avec ce qu'ils ont observé cet été (2007), ils s'attendent à plus d'un mètre. (...) (complément d'info avec les archives du CNRS)
Cette énorme quantité d'eau douce se précipitant dans l'océan modifiera peu à peu le taux de salinité de l'eau de mer. Or plus une eau est salée, plus elle est lourde, et plus elle plonge dans les grades profondeurs, là où de forts courants l'emportent et la font circuler au fond de l'océan.
Aujourd'hui, le Gulf Stream fait remonter les eaux tropicales chaudes jusqu'aux côtes d'Europe. Elles poursuivent ensuite leur parcours au nord, et au niveau du Groenland. Là, refroidies, elles plongent brutalemnt dans les grands fonds où les courants les ramènent vers le Sud. Une circulation des eaux chaudes et froides bien connues des chauvagistes!
Si l'eau n'arrive plus à se refroidir et est moins salée, elle restera en surface, et le Gulf Stream perdra son rôle de régulateur notamment sur l'hémisphère Nord. Un effet qui pourrait limiter les effets du réchauffement climatique en Europe.
La disparition de la banquise durant plusieurs mois d'été aura forcément, par ailleurs des répercussions sur les pressions atmosphériques, donc sur les régimes de précipitaions et les vents.
Le réchauffement va également induire une forte évaporation, donc une importante production de nuages. Mais selon leurs caractéristiques, ces derniers n'auront pas le même effet. Les nuages hauts contiennent de la glace, donc réfléchissent les rayons du soleil vers l'atmosphère, et atténuent le réchauffement. "C'est un peu comme si la glace d'en bas était remplacée par la glace d'en haut" indique Jean-Claude Gascard, océanographe et coordinateur du programme scientifique Damocles. A l'inverse, si les nuages restent bas, ils amplifient les effets de serre, conservant la chaleur au niveau de la surface de l'océan.
L'incertitude scientifique demeure sur ce point qui aura un fort impact sur la vitesse de disparition de la banquise.
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"L'océan a une grande inertie, beaucoup plus que l'atmosphère. Il réagit très lentement. Mais si ses changements - de température, de salinité, de courants...- sont importants, revenir en arrière pour tenter de modifier à nouveau l'océan sera extrêmement difficile." Jean-Claude Gascard.
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