
"Parfait analyste de la chose urbaine, Guerin révèle la grâce animale des humains"
Les Inrockuptibles, article de Vincent Ostria. Numéro 667, 9 septembre 2008.
Dans la Ville de Sylvia est un continuum, une oeuvre limpide et linéaire, un jeu de l'oie excentrique et labyrinthique à travers la capitale alsacienne, où le héros sans nom suit très longuement une étudiante espagnole qu'il prend pour Syvie (il n'est curieusement pas question de Sylvia), jeune fille qu'il a rencontrée il y a quelques années.
La plus belle partie du film, la plus excitante est cette filature hitchcockienne pleine de suspense, de faux-semblants et de rebondissements. Elle rapelle des séquences célèbres de Vertigo et de son clone postmoderne Body Double, en faisant ressortir la dimension sensuelle et animale de la traque amoureuse d'une femme par un homme. La plus-value de Dans la ville de Sylvia réside dans ce filmage à fleur de peaux et de visages qui, au-delà du cadre urbain omniprésent et structurant, fait éclater la beauté (...)