Samedi 24 mai 2008, à 21h sur Arte, un documentaire exceptionnel sur l'expédition Tara-Damoclès...
Plus d'informations sur le programme et les rediffusions prochaines...
Samedi 24 mai 2008, à 21h sur Arte, un documentaire exceptionnel sur l'expédition Tara-Damoclès...
Plus d'informations sur le programme et les rediffusions prochaines...
Extrait Art. du "Le Journal, Tara expéditions - Damocles. N°3 Décembre 2007.
*par Cécile Maillard, journaliste.
(...)
Dans l'océan Arctique, l'été, avec la disparition de la banquise, le rayonnement solaire ne sera pas réfléchi pour repartir vers l'espace, mais au contraire absorbé par l'océan. Quelques dizaines de mètres d'eau de mer seulement seront réchauffés, mais cela suffira à tiédir l'atmosphère, donc à faire transpirer le Groenland voisin... (Archives CNRS: "Y aura-t-il de la glace cet été?")
Or si la fonte de la banquise n'a aucun effet sur le niveau de la mer, celle des glaciers du Groenland aura un impact considérable. Dans l'hypothèse - que personne n'envisage sérieusement - d'une fonte totale des glaciers qui recouvrent le sol du Groenland, parfois sur plusieurs kilomètres d'épaisseur, le niveau des mers monterait de 7 mètres sur l'ensemble de la planète.
Jusqu'ici, les scientifiques tablaient sur augmentation de 0,6 mètre d'ici à la fin du siècle. Avec ce qu'ils ont observé cet été (2007), ils s'attendent à plus d'un mètre. (...) (complément d'info avec les archives du CNRS)
Cette énorme quantité d'eau douce se précipitant dans l'océan modifiera peu à peu le taux de salinité de l'eau de mer. Or plus une eau est salée, plus elle est lourde, et plus elle plonge dans les grades profondeurs, là où de forts courants l'emportent et la font circuler au fond de l'océan.
Aujourd'hui, le Gulf Stream fait remonter les eaux tropicales chaudes jusqu'aux côtes d'Europe. Elles poursuivent ensuite leur parcours au nord, et au niveau du Groenland. Là, refroidies, elles plongent brutalemnt dans les grands fonds où les courants les ramènent vers le Sud. Une circulation des eaux chaudes et froides bien connues des chauvagistes!
Si l'eau n'arrive plus à se refroidir et est moins salée, elle restera en surface, et le Gulf Stream perdra son rôle de régulateur notamment sur l'hémisphère Nord. Un effet qui pourrait limiter les effets du réchauffement climatique en Europe.
La disparition de la banquise durant plusieurs mois d'été aura forcément, par ailleurs des répercussions sur les pressions atmosphériques, donc sur les régimes de précipitaions et les vents.
Le réchauffement va également induire une forte évaporation, donc une importante production de nuages. Mais selon leurs caractéristiques, ces derniers n'auront pas le même effet. Les nuages hauts contiennent de la glace, donc réfléchissent les rayons du soleil vers l'atmosphère, et atténuent le réchauffement. "C'est un peu comme si la glace d'en bas était remplacée par la glace d'en haut" indique Jean-Claude Gascard, océanographe et coordinateur du programme scientifique Damocles. A l'inverse, si les nuages restent bas, ils amplifient les effets de serre, conservant la chaleur au niveau de la surface de l'océan.
L'incertitude scientifique demeure sur ce point qui aura un fort impact sur la vitesse de disparition de la banquise.
(...)
"L'océan a une grande inertie, beaucoup plus que l'atmosphère. Il réagit très lentement. Mais si ses changements - de température, de salinité, de courants...- sont importants, revenir en arrière pour tenter de modifier à nouveau l'océan sera extrêmement difficile." Jean-Claude Gascard.
Extrait art. du "Le Journal, Tara Expéditions et Damocles". N°3 déc 2007.
Par Cécile Maillard (journaliste).
La mission Tara-Damocles devrait permettre de mieux comprendre l'océan Arctique au moment où celui-ci connait de profonds changements. L'ensemble du dispositif déployé permettra de récupérer toute une série de données sur des variables aussi importantes que la température dans l'atmosphère, la glace et l'océan, la salinité de l'océan, l'humidité de l'atmosphère, les vents et les courants.
Toutes ces informations sont cruciales afin de mettre au point de nouveaux modèles.
(...)
Les données recueillies ont été disséminées dans les 48 laboratoires européens participant au programme Damocles. Il faudra quelques mois de plus pour les faire parler. Car si Tara arrive à destination, le programme Damocles doit, lui, continuer jusqu'en 2009, avant d'aboutir à l'élaboration d'un système de surveillance pérenne de la banquise.
Connectez-vous au site www.taraexpeditions.org pour en savoir plus le programme Damocles.
"La grande fonte de lal banquise s'emballe." par Cécile Maillard (journaliste)
Extrait du "LE JOURNAL". N°3 déc 2007.
La mission Tara-Damocles, qui allie les membres de l'Expédition Tara aux scientifiques du programme Damocles de la Commission européenne, a permis de réaliser un important travail de recueil de données dans l'océan Arctique.
Fin août 2007, le spectaculaire retrait des glaces de mer dans l'Arctique a pris de court les scientifiques. Aucun modèle n'avait prévu un tel retrait, personne n'avait imaginé que le record de 2005 de surface de banquise minimale serait battu dans de telles proportions (...). A cette date, les glaces ne couvraient plus que 5,3 millions de km carré, contre 7M en moyenne les décennies précédentes. En Août 2007, cette étendue est tombée à 4 millions de km carré. Si Tara avait dû commencer la dérive cette année là, le bateau aurait été ppositionné 400 km plus au nord qu'en septembre 2006.
(...)
Deuxième grande surprise de l'été: la rapidité à laquelle dérive la banquise arctique.Les glaces de mer avancent deux fois plus vite que ne l'avaient prévu les scientifiques de Damocles et trois fois plus vite que les modèles l'avaient prédit. Tara sortira des glaces avec six mois d'avance sur les prévisions (sortie des glaces effectuée début février 2008, alors que cette libération était prévue pour juillet 2008).
Les équipes de Damocles avaient anticipé cette accélération de la dérive de la banquise, mais n'avaient pas imagiiné qu'elle serait d'une telle ampleur.
Tara aura dérivé un an et demi de moins que le Fram, il y a 111 ans!
(...)
Pour les scientifiques, une chose est sûre, l'Année Polaire Internationale (API) tombe au bon moment. "Au moins, on est là où il faut, au moment où il faut, comment ele coordinateur de Damocles. Les modèles de previsions ont besoin d'être guidés par des données. Or nous en manquons cruellement dans les régions polaires."
Extraits art. "LE JOURNAL". N°3 déc 2007.
* par Dino Dimeo et Michèle Aulagnon-Ponsonnet
L'ancien ANTARTICA construit par Jean-Louis Etienne, devenu SEAMASTER avec Sir Peter Blake, a été rebaptisé TARA lors de son rachat en 2003 par Etienne Bourgois.
Lorsque ce dernier rachète la goélette à la veuve de Sir Peter Blake, il sait que se bateau n'a pas encore accompli le grand voyage pour lequel il a été conçu: la dérive transpolaire sur les traces de l'explorateur norvégien Fridtjof Nansen. Avant de se lancer, Etienne Bourgois veut se donner un peu de temps, se servir de TARA pour des explorations déjà ambitieuses (le Groenland, la Géorgie du Sud, l'Antarctique...).
TARA est armé pour qu'il puisse dériver pendant deux ans sur les les glaces de l'Arctique afin d'étudier les effets du réchauffement climatique sur cette partie du globe. Une expédition jamais réalisée depuis celle de Nansen et son voilier le Fram en 1893 (click here).
Extrait du "LE JOURNAL, Tara Expéditions et Damocles". N°3 Décembre 2007.
*par Michèle Aulagnon-Ponsonnet (en savoir plus)
Le chef d'entreprise Etienne Bourgois et le directeur de recherches au CNRS, Jean-Claude Gascard, se sont rencontrés en 2005. Un an plus tard, l'expédition démarrait. (...)
Rien ne destinait l'entrepreneur (Etienne Bourgois, 47 ans, est directeur général d'Agnès b) et le scientifique (Jean-Claude Gascard, 64 ans, océanographe et coordinateur du programme scientifique Damocles) à se rencontrer. Rien si ce n'est un bateau, Tara, et un projet, la dérive arctique. (...)
Les deux hommes se rencontrent en 2005 par l'intermédiaire de Christian de Maliavre, spécialiste des explorations polaires. Bourgois veut faire la dérive arctique et l'idée d'y ajouter une dimension scientifique le séduit. Pour l'entrepreneur, reste à savoir quand. Côté sciences, Gascard rêve d'une plate-forme comme Tara et a déjà un programme dans les cartons. Pour le chercheur, reste à trouver les financements.
L'élément déclencheur sera l'Année Polaire Internationale. Pour la quatrième fois depuis les débuts des expéditions polaires, la communité scientifique mondiale décide d'unir ses efforts et de financer un exceptionnel programme de recherches durant plusieurs années, jusqu'en 2009.
Jean-Claude Gascard se voit attribuer la coordination d'un des projets phares. Il l'appelle Damocles, parce qu'avec le réchauffement climatique, une épée flotte au-dessus de la planète. Il lui faut maintenant convaincre le propriétaire du bateau, Etienne Bourgois.
Les deux hommes travaillent et parviennent à un accord de partenariat, d'autant plus remarquable qu'il lie des organismes de recherches publics à un projet privé soutenu par la société Agnès b. Une association qui reste encore exceptionnelle.
Interview de Etienne Bourgois sur l'Expédition Tara. Le 28 mars 2007.